A sant'Andria
C’est une priorité pour la ville d’Ajaccio de transmettre la langue et la culture corse, elle met tout en œuvre dans toutes les structures de l’enfance pour permettre que cette fête culturelle qu’est la SANT’ANDRIA, vive de nouveau et perdure. En ce jour spécifique qui symbolise la fin de l’automne mais par-dessus tout le partage, Il faut : Ce jour là on ne mange que des produits du terroir ! - la musique traditionnelle (violons, pipeaux et guitares) pour faire danser petits et grands André, l’apôtre, devenu par la suite Saint André fût le premier des douze disciples de Jésus. Lors du "sermon sur la montagne", le Christ multiplia cinq pains et cinq poissons à la demande de l’apôtre André afin de nourrir une grande foule qui était venue l’écouter. C’est cette distribution qui est à l’origine de la pratique du porte à porte à la fin du mois de novembre. En effet le 11 novembre (San Martinu) marque la fin des récoltes, celles-ci mises en réserve, une part est gardée pour les plus démunis. C’est sous couvert de la mascarade, que la quête de nourriture à la Saint André permettait aux nécessiteux d’assurer leur survie tout en épargnant leur dignité. Cette démarche des plus pauvres vers les plus aisés où la misère était masquée par le jeu est ancienne et se retrouvait dans bien d’autres régions d’Europe. Dans la pricantula est demandé à manger et à boire car initialement cette démarche concernait les plus démunis. Or avec la société de consommation, progressivement la notion de nécessité a disparu c’est peut-être pour cela que certains villages ont arrêté cette pratique, Seul l’aspect ludique s’est maintenu : déguisement, distribution de friandises… Il s’agissait également pour les plus aisés de faire acte de charité chrétienne alors que l’on entre en carême de l’Avent. C’est une période de jeûne, d’abstinence, de réflexion, de purification de l’esprit et du corps et par là même d'entre aide, de partage (d’ailleurs Saint Martin n’avait-il pas partagé son manteau ?). D’autres part la crainte entretenue par le mystère que pouvait représenter les Mazzeri, et autres acciaccadori et streghi, permettait sûrement aux demandeurs de menacer plus facilement par leurs incantations ceux des plus aisés réticent aux dons. Le mystérieux, le fantastique était d’autant plus entretenu que les quémandeurs étaient grimés et la quête s’effectuait après la tombée de la nuit. Il est à noter que dans d’autres villages cette pratique du porte à porte n’existait pas, on pense que les plus aisés apportaient une part de leur récolte à l’église, celle-ci restait ouverte toute la nuit afin que les plus démunis viennent chercher en toute discrétion le fruit du partage. Ce qui était offert : châtaignes séchées, viande séchée, pommes, “frutti passi”, fruits secs, légumes secs, biscuits secs, vin…